Décembre 2010, numéro 18

À LIRE CE MOIS-CI :

Éditorial
Et si Noël m'était conté

Découvertes
Des animations pour les bibliothèques de la MRC Robert-Cliche

Actualités
Exposition à l’Hôtel de Ville de Saint-Victor
8e édition du concours d’œuvres d’art
Pour le plaisir de bien manger et de souligner le 95e anniversaire
Deux concerts de Noël à Saint-Joseph !
Du nouveau à Saint-Joseph !
Céramique de Beauce - Exposition permanente
La Beauce : mythes et réalités - Exposition permanente
Histoire de raconter, « Circuit de la Gorgendière »
Rencontre avec Marc Gagné
En temps et lieu
L’équipe du Festival Couleurs du monde est en branle
Moulin La Lorraine, une saison s’achève...
Le réveillon des Feux Follets
Vente d’ornements de Noël

Divers
Au cœur de leur jardin respectif
Le mal dans la peau
Qu’une(?) identité
Une convalescence qui laisse pour mort… ou presque
La Gaspésie au quotidien
Nature, quand tu nous tiens…
Un auteur pour la jeunesse récidive



ÉDITORIAL

Et si Noël m'était conté


Quand décembre fleurit sur la neige et que petits et grands s'enflamment à l'arrivée du Temps des Fêtes, une magie opère en chacun de nous et les souvenirs des beaux Noëls passés affluent.

Et si Noël m'était conté comme au bon vieux temps ? Sophie Lounguine * rappelle que pendant la veillée, la nuit était longue pour les petits enfants. Bien avant l'existence de la télévision, il fallait « occuper les enfants », et une fois les préparatifs terminés, on pouvait s'asseoir au coin du feu, tous autour de la bûche, pour entendre un conte de Noël.

Ces contes étaient directement inspirés des Évangiles. En effet, l'Histoire Sainte avait été une fantastique source d'histoires où l'on puisait, bien avant que le conte de Noël ne devienne un genre littéraire. Marie-Andrée Lamontagne ** a recensé les plus grands auteurs qui ont écrit des contes devenus des « classiques »: Dickens, Un chant de Noël (1843), Gogol, La nuit de Noël (1832), Rilke, L'enfant-Jésus (1893), Lagerlöf, Le livre de Noël (1909) et bien d'autres. Mentionnons aussi Andersen et La petite fille aux allumettes (1845), que nous connaissons tous.

Et si Noël m'était conté maintenant ? Que me dirait-il ? Ce serait probablement en écoutant l'aïeul se répéter une fois de plus. Ce serait peut-être par les géniaux conteux et conteuses lors d'une soirée Feux Follets dans un grand Manoir ou ailleurs. Qu'importe ! Ce serait possiblement en écoutant tous ces choristes chanter avec toute leur âme et leur cœur, les hymnes, cantiques et chants de Noël des temps anciens.

Ce serait en fréquentant les Marchés de Noël où artistes et artisans nous en mettent plein la vue ! Ce serait en dégustant des produits de chez-nous, qu'on dit du terroir et servis à la mode du Temps des Fêtes. Ce serait en visitant les expositions de créateurs, en assistant aux pièces de théâtre et spectacles des enfants dans les écoles, dans les salles culturelles. Ce serait en écoutant des concerts symphoniques ou de musique lyrique de Noël dans les églises.

Ce serait probablement aussi en se rendant à un party, mais pourquoi pas en partageant un dîner avec des gens de l'Âge d'Or ? Ce serait en visitant un parent éloigné, une personne seule, un enfant en centre d'accueil, des aînés abandonnés dans de belles résidences, un prisonnier ou encore l'itinérant au bord du trottoir...

Et si Noël m'était raconté, ce pourrait être en écrivant à quelqu'un un joli mot, en adressant une carte, un hello ! Ce serait en expédiant un courriel, en composant un numéro, en donnant un sourire pour qu'une fois Noël passé, on puisse se dire : « C'était bien autrement que l'an passé. »

*Sophie Lounguine, L'album des Fêtes de Noël et du Nouvel An, Horay, Paris, 1995, 253 p.

**Marie-Andrée Lamontagne, Noël d'écrivains, Médiaspaul, Montréal, 2010, 292 p.
 

Source : Jocelyn Rancourt, auteur de Noël et Nouvel An d'autrefois, contes et récits, publié à La Plume d'Oie Édition, Montmagny, 2009, 93 p.

Par Arianne Labonté, CLD des Etchemins


 
 

DÉCOUVERTES

Des animations pour les bibliothèques de la MRC Robert-Cliche


Grâce à l’entente de développement culturel entre le CLD Robert-Cliche, la MRC Robert-Cliche et le Ministère de la Culture des Communications et de la Condition féminine, les sept bibliothèques du territoire offriront gratuitement trois nouvelles animations à l’ensemble de la population entre novembre 2010 et mai 2011. Ces trois animations seront réalisées en collaboration avec la Fondation Gabriel Lajoie, le Musée Marius-Barbeau ainsi que les Productions Solange Thibodeau.

C’est par appel de projets que les intervenants culturels de la MRC Robert-Cliche étaient invités à déposer leurs propositions pour l’animation des bibliothèques du territoire. Un comité de sélection, composé d’un responsable de chacune des sept bibliothèques, a ensuite analysé les projets. Au total, trois animations ont été retenues pour ainsi respecter le budget annuel prévu à cet effet dans l’entente de développement culturel, soit 5 000 $. Rappelons que les animations communes pour l’ensemble des bibliothèques de la MRC Robert-Cliche est un moyen privilégié de mettre en œuvre la politique culturelle en contribuant à développer un sentiment de fierté et d’appartenance de la population ou encore à sensibiliser aux arts et la culture, deux des quatre axes d’interventions prioritaires.

Causerie sous la formule Café-brioches sur le livre de Madeleine Ferron
En collaboration avec la Fondation Gabrielle Lajoie, cette causerie présentera l’auteure québécoise Madeleine Ferron, sa vie, son œuvre sociale et littéraire, de même que la démarche d’équipe qui est à l’origine de cet essai biographique. En compagnie de M. Gervais Lajoie, l’un des auteurs du livre, et d’une ambiance chaleureuse autour d’un café et d’une brioche, cette animation promet de belles découvertes autour de cette femme qui a marqué l’histoire de la Beauce.

Jeu serpents et échelles adapté à la réalité beauceronne
En collaboration avec le Musée Marius-Barbeau, ce célèbre jeu a été adapté à la réalité beauceronne. Le jeu comprend six thématiques avec deux niveaux de difficulté (facile et avancé), une plaque de jeu, des cartes permettant d’avancer le pion. Les thématiques sont reliées aux quatre saisons, à la rivière Chaudière et les municipalités qui composent la MRC et la Beauce. Un jeu à la fois éducatif et amusant pour les petits et les grands. Le jeu sera disponible durant un mois dans les bibliothèques.

Des ateliers d’initiation au théâtre
En collaboration avec les Productions Solange Thibodeau, les ateliers de théâtre offrent un espace de création où les participants pourront faire des exercices d’observation, d’écoute, de voix d’émotions et d’improvisation. Les participants auront également à leur disposition des costumes, des perruques et autres accessoires de théâtre afin de leur offrir une expérience des plus complètes. Cette animation est offerte aux enfants de 5 ans et plus, aux adolescents ainsi qu’aux adultes. Il est obligatoire de s’inscrire auprès des responsables de bibliothèques avant l’événement.

L’horaire des animations
Entre le mois de novembre 2010 et mai 2011, la population de la MRC Robert-Cliche est invitée à se rendre dans l’une des sept bibliothèques pour participer aux différentes animations. Les sept municipalités qui desservent ce service sont : Beauceville, Saint-Odilon, Saint-Frédéric, Saint-Joseph, Saint-Séverin, Saint-Victor et Tring-Jonction. Les citoyens des trois autres municipalités peuvent également profiter des animations en se rendant dans l’une des bibliothèques participantes. Pour plus d’information, contacter votre bibliothèque municipale ou encore pour connaître l’horaire complet des animations, consultez le site Internet du CLD Robert-Cliche au www.cldrc.qc.ca dans la section Documentation sous l’onglet Publications du CLD.

Source : Stéphanie Turgeon
CLD Robert-Cliche


 
 

ACTUALITÉS

Exposition à l’Hôtel de Ville de Saint-Victor

La Société du Patrimoine de Saint-Victor présente jusqu’au 15 mai 2011, dans le hall d’entrée de la Municipalité, une exposition soulignant le 100e anniversaire de naissance de M. Luc Lacourcière. Grand ethnologue de l’est du Canada et fondateur de la Chaire de Folklore de l’université Laval, M. Lacourcière est né à Saint-Victor.

Cette exposition vous fera découvrir une série de photos prises par Mme Lida Moser de New-York qui faisait un reportage sur le Québec dans les années 50. M. Lacourcière l’a accompagné. Visites sur les heures d’ouverture de l’Hôtel de Ville.
 

Source : Société du patrimoine de Saint-Victor


8e édition du concours d’œuvres d’art
        Une vidéoconférence sur la thématique, Ailleurs, en ligne sur le web !



 

Les artistes de la Beauce, des Etchemins et des Appalaches qui désirent participer à la 8e édition du concours d’œuvres d’art sont invités à visionner une vidéoconférence sur le thème privilégié, Ailleurs. En ligne sur le site Internet Beauce.TV, le parrain de l’événement, M. Gaston Turcotte, interprète la thématique et accompagne les artistes dans leur processus de création.

Les 13 et 19 octobre derniers, M. Turcotte a offert une conférence sur la thématique au Musée Marius-Barbeau de Saint-Joseph-de-Beauce ainsi qu’à la Station des arts de Thetford Mines. Au total, une quarantaine d’artistes se sont déplacés pour rencontrer le parrain de l’événement et échanger avec d’autres créateurs sur le thème privilégié de cette édition. Afin de rendre cette conférence accessible par tous en tout temps, les promoteurs du concours, le CLD Robert-Cliche, le Musée Marius-Barbeau et les Caisses Desjardins de la Beauce et des Etchemins ont décidé de la diffuser sur le web. La vidéoconférence est donc disponible sur le site Internet www.beauce.tv dans la section Actualité. Il importe de noter que ce projet est rendu possible grâce à la généreuse collaboration de la Télévision communautaire de Beauceville (TVCB).

Les inscriptions se poursuivent jusqu’au 10 décembre prochain
Rappelons que les artistes qui n’ont pas encore rempli le formulaire d’inscription ont jusqu’au 10 décembre prochain pour le faire.

Sous le thème privilégié, « Ailleurs », il s’agit pour les artistes de créer une œuvre originale et unique sous la forme de dessin, peinture, sculpture, photographie, vitrail, estampe ou techniques mixtes. Le concours permet aussi aux artistes d’exposer une de leurs œuvres durant cinq semaines au Musée Marius-Barbeau, soit du 1er mars au 4 avril 2011.

C’est sous la présidence du parrain, Monsieur Gaston Turcotte, conseiller-courtier en art qui cumule plus de 50 ans dans le domaine des arts, que le jury déterminera les cinq « Grands prix », le prix « Desjardins », les deux prix « Jeune relève » et le prix « Moulin la Lorraine » qui seront dévoilés lors du vernissage de l’exposition le 1er mars prochain. De plus, les personnes qui visiteront l’exposition du 1er mars au 4 avril 2011 auront le privilège de voter pour les cinq prix « Coups de cœur » et les deux prix « Coup de cœur jeune relève » qui seront dévoilés lors de l’événement de clôture de l’exposition.

Un appel à tous
Ainsi, les artistes qui désirent participer au concours peuvent s’inscrire en obtenant le formulaire requis via leur CLD respectif ou en communiquant au 418 397-4354 ou encore en remplissant le formulaire en ligne sur le site Internet du CLD Robert-Cliche au www.cldrc.qc.ca dans la section Demande en ligne. Le formulaire d’inscription doit être rempli et retourné avant le 10 décembre 2010.
 

Source : Stéphanie Turgeon,
CLD Robert-Cliche


Pour le plaisir de bien manger et de souligner le 95e anniversaire



 

Fondé en 1916, le Cercle de Fermières de Beauceville est le 1er à voir le jour en Beauce. En 2011, afin de souligner son 95e anniversaire de fondation, un livre de recettes : « NOS MEILLEURES RECETTES » vient d’être publié par ce Cercle.

Pour ce recueil, les Fermières de Beauceville ont accepté d’ouvrir leurs cahiers de recettes et d’offrir, parfois des recettes du terroir beauceron, transmises de génération en génération, et parfois leurs découvertes aux parfums venant d’ailleurs.

Des recettes traditionnelles : soupe aux pois, ragoût de pattes de cochon, bouilli de légumes, grands-pères au sirop d’érable, etc. Le respect de la mission des Cercles de Fermières de sauvegarder et de transmettre notre héritage patrimonial autant culturel que culinaire est primordial.

Des recettes actuelles : velouté d’asperges, filets de porc à la dijonnaise, bœuf Wellington, gâteau mousseline à l’orange, etc. de quoi mettre l’eau à la bouche. La mission des Cercles étant aussi de voir au bien-être des femmes et de leurs familles, on peut comprendre que les Fermières d’aujourd’hui sont bien de leur temps en emboîtant le pas aux tendances culinaires actuelles.

Un livre de recettes, illustré de photos couleur, concocté par les membres pour souligner le 95e anniversaire du Cercle de Beauceville, pour se rappeler les saveurs d’antan et pour profiter des saveurs contemporaines et exotiques à la mode.

NOS MEILLEURES RECETTES , disponible auprès du Cercle de Fermières de Beauceville. Également en vente à Beauceville, au prix de 20 $, chez : BEBB, Pharmacie Proxim, Pharmacie Familiprix et la bibliothèque Madeleine-Doyon aux heures d’ouverture.
 

Source : Cercle des fermières de Beauceville


Deux concerts de Noël à Saint-Joseph !


L’école de musique Arquemuse présente deux spectacles de Noël. La population est donc invitée à venir entendre et encourager les jeunes talents de l’école de musique du centre de la Beauce. Le premier sera présenté par les élèves en guitare et en chant le samedi 18 décembre à 14h00 à l’auditorium de l’hôtel de Ville de Saint-Joseph. Le second concert mettra en vedette les élèves en violon est au piano. Celui-ci se tiendra à la sacristie de l’Église de Saint-Joseph le dimanche 19 décembre à 14h00. L’entrée est libre pour ces deux spectacles. Pour plus d’information : 418-397-5057 ou activites@pianobolduc.com.
 

Source : Michelle Lord, École de musique Arquemuse


Du nouveau à Saint-Joseph !



 

Solange Thibodeau, directrice du Théâtre de l’Hôtel de Ville de Saint-Joseph pendant la saison estivale, donnera des cours de théâtre pour les 8 à 15 ans les samedis à compter du 29 janvier 2011 au Théâtre de l’Hôtel de Ville. D’une durée d’une douzaine d’heures les jeunes pourront expérimenter le pantomime, la projection de la voix, l’improvisation, les exercices de prononciation, et plus encore. Vous découvrirez que jouer un rôle, ce n’est pas seulement mettre un costume, c’est aussi adopter une attitude, une voix, un caractère ! Un spectacle, sera présenté suite à ces ateliers, le 9 avril 2011 au Théâtre de l’Hôtel de Ville de Saint-Joseph. Veillez noter que les groupes d’âge seront de 8 à 11 ans et de 12 à 15 ans.

Pour plus d’information (418) 228-0015.
 

Source : Solange Thibodeau, Théâtre Hôtel de Ville de Saint-Joseph-de-Beauce


Céramique de Beauce
        Exposition permanente



 

La Céramique de Beauce est un incontournable dans l’histoire de la céramique québécoise. Pendant un demi-siècle, Céramique de Beauce a produit des millions de pièces aux fonctions utilitaires, décoratives ou promotionnelles. Son apport à la culture entrepreneuriale beauceronne est indéniable et son initiative remarquable.

Par son ampleur, sa variété et sa qualité, la production de Céramique de Beauce reste sans équivalent dans l’histoire de la céramique québécoise et canadienne.

Aujourd'hui, collectionner du Beauce est à la mode et la valeur de certaines pièces est fort impressionnante. De plus en plus de Québécois redécouvrent ces milliers d'objets utilitaires créés par des artisans dont l'esprit d'entreprise a dominé la vie économique de la Beauce pendant cinquante ans. La diversité et la qualité de cette production de faïence fine en font une expérience exceptionnelle dans l'histoire des entreprises québécoises.

Une nouveauté pour les intéressés ! Une centaine de pièces ayant la même glaçure sont présentées par le collectionneur Michel Siguoin de Montréal. Cette vitrine démontre à quel point, sa collection est impressionnante pour être en mesure de présenter autant de pièces dans une même variation de glaçure. Cela démontre aussi que plusieurs personnes, hors de la région, poursuivent la recherche des pièces de Céramique de Beauce.

Dans cette exposition vous pourrez également y voir au-delà de 400 pièces et plus de 3000 sous forme virtuelle. Le film La Moisson de la glaise de l’Office National du Film évoque le contexte d’apprentissage des premiers artisans de Céramique de Beauce.

Un livre intitulé Céramique de Beauce produit par les Éditons GID et écrit par M. Richard Dubé, Daniel Cogné et Paul Trépanier est disponible à la boutique. Ce livre, abondamment illustré de 256 pages est en vente au coût de 39.99$.

Un catalogue virtuel, comprenant plus de 600 photographies des premières pièces de Céramique de Beauce, réalisé par madame Isabelle Veilleux, responsable des collections du Musée, est en vente au coût de 30,00$
 

Source : Musée Marius-Barbeau


La Beauce : mythes et réalités
        Exposition permanente



 

Notre exposition sur la Beauce vous fascinera par son univers unique et divertissant. Partez à la découverte de quelques secrets enfouis à travers l’histoire des Beaucerons. Le Musée Marius-Barbeau vous propose quelques réponses parmi plusieurs thématiques : Le peuplement, l’agriculture, l’acériculture, la foresterie, l’architecture, les institutions religieuses et d'enseignement, les gens de culture, le pouvoir politique, l’implication militaire, les industries et la géologie.

Nous vous proposons des photographies anciennes et modernes, des films d'archives, des entrevues documentaires et de nombreux trésors de nos réserves, le tout agréablement guidé.

Un livre intitulé La Beauce, un esprit de famille de la collection 100 ans noir sur blanc produit par les Éditons GID et écrit par MM. Rénald Lessard et Pierre C. Poulin, est disponible à la boutique. Ce livre de 256 pages présente 200 magnifiques photographies de la région, il est en vente au coût de 34.95$.
 

Source : Musée Marius-Barbeau


Histoire de raconter, «Circuit de la Gorgendière»
         En tout temps



 

Les amateurs d’architecture et de marche seront heureux de découvrir notre ville et son architecture grâce au guide publié par la Ville de Saint-Joseph-de-Beauce en collaboration avec le Musée Marius-Barbeau. En déambulant dans nos rues, les marcheurs pourront découvrir l’histoire et les joyaux de notre ville. Le seigneur Joseph Fleury de la Gorgendière arrive à Saint-Joseph en 1737 et établit la première seigneurie. Véritable fondateur de la Nouvelle-Beauce et promoteur de la colonisation, de la Gorgendière donne son nom à la ville et à notre circuit pédestre. Le petit village agricole est choisi comme centre administratif régional en 1857 et l’arrivée du Palais de justice en 1859, marque une période importante pour le développement de la ville. Le site institutionnel, classé site historique québécois en 1985 et lieu historique national du Canada en 2006, comprend 5 bâtiments monumentaux incluant l’église, le presbytère, le collège, le couvent et l’orphelinat. Notre «Circuit de la Gorgendière» vous accompagne au cours de votre visite du site et des maisons exceptionnelles de notre ville et vous donne des informations sur l’architecture. Quelques anecdotes viennent compléter l’histoire.
Le dépliant est en vente au Musée Marius-Barbeau et la découverte de la ville peut se faire en toute saison.
 

Source : Musée Marius-Barbeau


Rencontre avec Marc Gagné
        Du 1er octobre 2010 au 13 février 2011


Marc Gagné, natif de la Beauce, a plusieurs cordes à son arc : compositeur, écrivain, ethnomusicologue, organiste et professeur. S’initiant au folklore au début de sa carrière, il s’intéressera, par la suite, à la musique contemporaine. L’exposition présente ses archives personnelles. Vous y entendrez des chansons folkloriques qu’il a enregistrées auprès des personnes de la région. Plus de trois objets des collections du Musée sont aussi présentés afin d’illustrer le répertoire riche de notre terroir.

Des activités vous sont proposées pour apprendre à reconnaître une chanson folklorique, pouvoir en composer et peut être qui sait les interpréter à votre tour.
 

 
 

Source : Musée Marius-Barbeau


En temps et lieu – Marie-Reine Poirier, lissière
        Du 7 novembre 2010 au 1er mai 2011


Discipline artistique un peu marginale, la tapisserie tisse son chemin jusqu’au Musée. C’est le jeu des textures qui jouent dans les fibres de soie, de laine, de mohair et de coton. Un jeu du temps des couleurs, un jeu du temps des contrastes. Des matières à toucher et à voir absolument cet hiver pour se réchauffer.
 


 

Source : Musée Marius-Barbeau


L’équipe du Festival Couleurs du monde est en branle


Suite à la dernière assemblée générale du Festival Couleurs du monde, les membres du C.A. ont réélu Bruno Vachon à la présidence, Scott Mitchel devient vice-président, tandis que Jean-Marc Labbé et Denis Bilodeau conservent respectivement leur poste de secrétaire et de trésorier. Les autres administrateurs sont Sylvie Plouffe, Guylaine Boulanger, Gina Cloutier, Pierre Giroux et Michel Binet qui vient de s’ajouter à l’équipe. Au niveau de la permanence, le directeur du Festival, Richard Savoie sera de nouveau appuyé par Aline Carrier qui continue de s’occuper de la direction artistique. La prochaine édition du Festival Couleurs du monde aura lieu le 30 juin et les 1er, 2 et 3 juillet 2011 au centre-ville de Sainte-Marie.
 

Source : Jean-Marc Labbé
Festival Couleurs du monde


Moulin La Lorraine, une saison s’achève...
        Exposition FANTAISIE ET BONHEURS D’HIVER


Au moment où vous lirez ces lignes, Fantaisie et Bonheurs d’hiver sera presque terminée. En effet, le 12 décembre prochain, prendra fin une superbe exposition regroupant des artistes naïfs aimés et reconnus au Québec comme en Europe. Trente-quatre œuvres colorées et animées d’infinis détails, d’émouvantes peintures et sculptures dont plusieurs jamais vues auparavant ou créées spécifiquement pour l’occasion, seront remballées et repartiront vers la Galerie Jeannine Blais à North Hatley, le haut lieu de l’art naïf au Canada, avec qui le Moulin eu le bonheur de travailler pour monter cette exposition.

Que l’on pense à Arthur Villeneuve, à Geneviève Jost ou à Hélène Labrie, un mot nous vient en tête et c’est le mot Liberté. Cette exposition qui a tant fait sourire (s’esclaffer même !) et qu’on pourrait presque qualifier de cadeau de Noël reçu à l’avance tellement elle donnait plaisir à voir, a donné à plusieurs «grands enfants» de beaux moments de folie douce et l’occasion à de nombreux petits écoliers de s’initier à l’art et au travail d’artiste. En effet, Fantaisie et Bonheurs d’hiver s’accompagnait d’une programmation d’activités d’animation variées et nourrissantes à l’intention des groupes scolaires et du public en général.

Parmi les activités, mentionnons une conférence fort instructive intitulée : Les mérites de l’art naïf. Notre conférencier, M. Michel Forest, muséologue et historien de l’art a exposé sa vision de l’art naïf s’appuyant sur la théorie selon laquelle les peintres naïfs utiliseraient leur cerveau gauche, c’est-à-dire la partie logique, ce qui les amènerait à peindre ce qu’elles voient en rapport à leur connaissance des choses. Édifiant ! Outre cette conférence, un excellent documentaire sur l’art naïf a été diffusé en boucle pendant toute la durée de l’exposition. La programmation prévoyait également des activités purement divertissantes et mémorables, notamment la conteuse Arleen Thibault accompagnée de la violoniste Anne-Hélène Chevrette, l’ensemble vocal les Symphonies et le concert piano et violons donné par de jeunes musiciens.

Pour le Moulin La Lorraine, ce concept d’exposition thématique associée à une programmation réunissant ateliers créatifs, activités pédagogiques, musicales et ludiques est une formule qui permet d’intéresser encore plus de gens à l’art et à la culture et à en consommer.

... et l’année 2011 promet !
La prochaine saison du Moulin s’annonce tout aussi intéressante et se fera sous le signe de l’excellence et de la diversité. Plusieurs expositions se préparent et permettront d’apprécier des artistes qui se distinguent sur le plan international, des créateurs qui brillent ici, chez nous ou des jeunes à l’aube de leur carrière. Parmi les majeures, mentionnons Œuvres choisies de la collection Loto-Québec, exposition qui présentera une sélection impressionnante d’art contemporain, une première en région ! Voilà une nouvelle bien réjouissante pour le Moulin La Lorraine, mais aussi une belle occasion pour toute notre communauté de profiter de cet important bien culturel collectif.

Cette exposition ouvrira la saison 2011, qui débutera officiellement le 26 février prochain. Ça donne l’eau à la bouche, non ? Soyez patients... la liste des expositions et la programmation sera disponible au www.moulinlalorraine.ca en début d’année 2011.
 

Source : Josée Marceau, Directrice générale et artistique,
Moulin la Lorraine,
Tél. : (418) 625-4400


Le réveillon des Feux Follets


La joyeuse troupe de conteurs les Feux Follets a décidé de faire un pied de nez à l’hiver en ressortant les lampes à l’huile pour une soirée du temps des fêtes. C’est le samedi 18 décembre à 19h30 et le dimanche 19 décembre à 13h30 que vous êtes attendus comme de la grande visite. Pour l’occasion, le Café du Conteux, situé dans le Manoir du Village des Défricheurs à Saint-Prosper, prendra des airs de salon avec son sapin décoré à l’ancienne et ouvrira ses portes à l’esprit de Noël.

C’est avec votre cœur d’enfant que vous êtes invités à participer à ce réveillon d’antan où contes, légendes et chants de Noël sortiront des bas de laine accrochés au mur. Café, beignes maison, galettes à la mélasse et sucreries ainsi qu’un numéro spécial de la Gazette du Village vous attendent.

Il est préférable de réserver à l’avance au (418) 594-8135 auprès de Mme Jessica Boutin étant donné le nombre de places limité. Veuillez noter que la représentation du 18 décembre est à guichet fermé. Le coût des billets taxes incluses est de 10$/adulte, 6$/enfant et 30$/famille. Pas de carte de crédit ou débit.
 

Source : Jessica Boutin,
Gestionnaire, Village des Défricheurs
418 594-8135


Vente d’ornements de Noël


Le Village des Défricheurs a débuté sa campagne de financement pour l’année 2011 le 14 novembre dernier par la vente d’ornements de Noël. Il est toujours temps de s’en procurer.

Différents ornements sont disponibles pour achat dont des boules de faux vitrail, des boules de papier mâché ainsi que des flocons de bois. Plus d’une trentaine d’artistes et d’artisanes de talent de la région Beauce-Etchemin ont mis la main à la pâte afin de peindre ces objets décoratifs avec la technique de peinture sur bois. Uniques, originaux et artisanaux, ces objets peuvent aussi être personnalisés par l’ajout d’un prénom ou d’une inscription laissée à la discrétion de l’acheteur. Ils font à coup sûr un cadeau mémorable !

Pour tout renseignement ou pour achat, contacter Mme Jessica Boutin au 418-594-8135 ou présentez vous en personne aux bureaux de la Municipalité de Saint-Prosper.
 

Source : Jessica Boutin
Gestionnaire, Village des Défricheurs
418-594-8135


 
 

DIVERS

Au cœur de leur jardin respectif


Qu’ils soient des décrocheurs, des personnes ayant dû abandonner leurs études à cause de la nécessité de travailler ou encore des étudiants qui ont éprouvé des difficultés au cheminement régulier, les étudiants des centres d’éducation aux adultes ne doivent pas être laissés pour compte : ils ont leurs chances de salut, comme tous les autres étudiants, et peuvent aspirer à des carrières aussi élevées et gratifiantes que le petit fils ou la petite fille à « papa-médecin » et à « maman-avocate » qui financent et les études et les sorties et toutes les dépenses dudit rejeton. Il n’y a aucun mérite à naître avec toutes les richesses devant soi : le mérite réside plutôt dans le fait de les acquérir par des actions, des projets novateurs et fédérateurs.

L’un de ces dits projets a été réalisé au Centre d’éducation des adultes de Saint-Prosper, où vingt étudiants se sont réunis et concertés afin de lancer, sous la direction et la supervision de leur enseignante Diane Pouliot, également auteure et collaboratrice aux Éditions du Mécène, le recueil collectif Au cœur de notre jardin, paru aux Éditions du Mécène un peu plus tôt cette année.

Le recueil, de qualité, est à la hauteur de la clientèle du centre : diversifiée, éclectique. Tantôt sous forme de nouvelles policières, comme c’est le cas pour Caroline Brochu, tantôt par l’entremise de dialogues et de bandes dessinées, genres adoptés par Mathieu Lantagne et Benjamin Kelly, ou encore de l’humour, par exemple « Un mauvais tour » d’Alain Gilbert, tantôt sous la forme d’inventions de toutes sortes, les vingt étudiants collaborateurs à ce volume font preuve d’une imagination débordante et débridée. Malgré la diversité des genres, des styles, des contenus, il est quand même possible de repérer certaines récurrences, tendances.

D’abord, plusieurs textes adoptent le ton de la confession ou même se présentent clairement comme autobiographiques : pensons notamment à la plainte sincère que lance Maxime Beaudoin contre les ravages de l’alcoolisme, à un texte de Mary Buiting, où elle traite de sa relation vis-à-vis sa mère, à la contribution de Joey Doyon-Lacasse, qui parle acerbement de son expérience dans les ligues juniors de hockey, au poignant texte d’Audrey Grégoire, « Mon dernier souffle », écrit après le suicide de l’un de ses meilleurs amis, à la simple mais triste lettre de Serge Grondin adressée à sa sœur Nicole, dans laquelle il fait part de ses difficultés à continuer à vivre après son divorce, au bouleversant « Je me souviens » de Christine Morin, qui raconte avec force émotions comment un être qui lui était cher a péri dans les flammes, aux textes en prose et aux poèmes de Nancy Poulin, toujours ancrés dans des émotions qui transportent le lecteur, de même qu’à la rage que cause la déception amoureuse, telle qu’exprimée par Marie-Chantal Rioux.

D’autres textes, en revanche, relèvent de la plus pure imagination de leurs auteurs. C’est ainsi que le très prolifique Raphaël Asselin proposent poèmes et courts récits, dont « Dana et le cerbère rouge », où le fantastique est définitivement structurant et où les forces du bien et du mal sont les protagonistes et se livrent un combat. Dans la même veine, quoiqu’un peu moins sombre, la poésie de Maryse Bisier rappelle les grands romantiques du XIXe siècle, avec leur ferveur inébranlable et les élans passionnés, autant heureux que désespérés, sous-jacents à chaque vers. Pour sa part, Geneviève Lessard s’inspire des saisons pour sa poésie accessible aux accents universels. Si certains auteurs politisent leurs écrits en incluant, dans leurs textes, des sujets d’actualité (l’environnement pour Michaël Poulin, les complots politiques pour Catherine Gingras), d’autres utilisent l’histoire (cf. les références à la Deuxième Guerre mondiale chez Karine Giguère) comme matériau de base à l’écriture de leurs textes. Enfin, des auteurs comme Pascal Vachon, avec son « Jack et la grenouille magique », et Céline Rodrigue font preuve d’un imaginaire qui repousse les limites du réel et du quotidien.

Par ce volume, Diane Pouliot a accordé une tribune à ces jeunes auteurs, une tribune qui, fort probablement, aurait été difficile de trouver ailleurs (quel autre éditeur, je vous le demande, accepterait de publier ce florilège ?). Ce faisant, elle leur a montré la voi(e)(x) pour des réalisations futures et leur a donné l’occasion de se réaliser. Ne pas le reconnaître serait mesquin et limiterait la portée des écrits des auteurs, qui, à n’en pas douter, font tous la démonstration d’un certain talent.
 

Source : Nicholas Giguère


Le mal dans la peau


Premier livre publié dans la collection « Les mots en devenir » des Éditions du Mécène, À fleur de vivre est le premier (court) roman écrit par Élodie Maltais, une adolescente de quatorze ans. Quatorze ans, c’est bien peu. Mais pensons-y bien : quand les grands écrivains, les Victor Hugo, James Joyce, Marcel Proust et autres Shakespeare de ce monde, ont-ils commencé à écrire ? N’est-ce pas justement durant leur prime adolescence, alors que le monde s’offrait à eux et qu’ils désiraient le modeler à leur façon, qu’ils ont commis leurs premiers écrits, maladroits peut-être, mais révélateurs de l’œuvre à venir, de l’œuvre que l’histoire littéraire a bien voulu retenir ?

Peu importe qu’elle pratique l’écriture en dilettante ou qu’elle compte s’y consacrer, en faire une carrière, remporter un prix littéraire prestigieux, entrer à l’Académie française, que sais-je ?, Élodie Maltais a du talent. Point. Elle manie bien la plume, campe des personnages de façon véridique et lucide, adopte un style dépourvu de toute fioriture et manie les constituantes romanesques avec brio. Tout le talent est déjà là, alors pourquoi attendre plusieurs années, voire une décennie, avant de lire un premier essai littéraire dit « sérieux » de la part d’Élodie Maltais, alors qu’À fleur de vivre, par son simple titre, renferme toutes les promesses d’un bon roman ?

Dans À fleur de vivre, Élodie Maltais nous convie dans l’univers d’Hélie, une jeune adolescente sans histoire pour qui tout sourit. Cependant, une rupture amoureuse soudaine, son retrait progressif de la vie sociale et familiale, l’incompréhension grandissante de sa mère (qui se transforme bientôt en colère), les absences répétées de son père et le désillusionnement d’Hélie font en sorte qu’elle se retranche de plus en plus dans son univers clos et qu’elle confronte son entourage. Pire encore : désabusée, désenchantée de ce que la vie peut lui offrir, Hélie, jeune et pimpante, en vient à vouloir effacer toute trace de son passage sur terre…

Qui peut se vanter de ne jamais avoir eu d’idées suicidaires, de ne jamais avoir voulu abandonner à cause d’une situation trop intense, d’une vie soi-disant gâchée ? Qui peut se vanter de ne jamais souhaiter que la mort ne vienne nous délivrer du marasme dans lequel nous sommes enlisés et qui s’appelle aussi la vie ? Il me semble qu’à fouiller un peu dans la vie de tous et de chacun, on trouverait du sang sur bien des rasoirs, des cordes pas encore coupées, des armes à feu qui ont récemment été utilisées, bref bien des raisons toutes jugées bonnes…

Et il me semble que le mérite d’Élodie Maltais, hormis les qualités littéraires de son texte, est de mettre le doigt sur ce sujet tabou : le suicide chez les jeunes, mais aussi de façon plus générale leur fatigue d’être, leur besoin d’être compris, aimés.

Il ne reste plus qu’à souhaiter à l’auteure de bientôt récidiver, puisqu’une voie, une très belle voie, semble déjà toute pavée pour elle.
 

Source : Nicholas Giguère


Qu’une( ?) identité


Longtemps considérée comme intrinsèque à l’humain, d’après les théories naturalistes, l’identité ne peut plus désormais être considérée comme essentielle, c’est-à-dire figée, immuable, stable. Des énoncés comme « Je suis un homme », « Je suis une femme », « Je suis un ouvrier », « Je suis gai », de par leur force illocutoire, acquièrent une dimension toute-puissante et, ma foi, réductrice. Le premier roman de Colette Bazinet, Trabouler, atteste de ce fait.

Rahab, propriétaire d’un hôtel, recueille une jeune femme amnésique, Mara, sur les rives du Saint-Laurent. Bouleversée, cherchant à savoir pourquoi elle a échoué chez cette hôtelière accueillante, Mara récupère et rassemble peu à peu les multiples facettes de son identité. En plus de Rahab, Lyne, la meilleure amie de l’hôtelière, Jonathan de Beauvoir, le pasteur à qui Mara se confie, la psychologue et la travailleuse sociale, qui la rencontrent régulièrement, et l’inspectrice Rachel Deloncourt, qui est en charge du dossier d’enquête, aident Mara à se retrouver, à redevenir la jeune femme qu’elle a déjà été… Ou qu’elle a cru être… Ou que d’autres auraient voulu qu’elle soit…

Vraiment ? Car il faut bien le dire, Mara, dans les dernières pages de Trabouler, n’est plus la femme muette niant ses désirs qu’on retrouve au début du roman. Elle est plus forte, déterminée et énergisée que jamais.

La transformation identitaire qui s’opère chez Mara a également des répercussions chez les autres personnages. Ainsi, Rahab, en écoutant Mara, en vient elle-même à se confier à propos de son adolescence plus qu’agitée, de sa grossesse difficile en tant que fille-mère délaissée par un conjoint qui n’a pas assumé sa paternité et de son passé en tant que consommatrice de drogues et d’alcool. Il n’y a aucun personnage dans Trabouler qui ne se retrouve changé, voire transporté, par la quête identitaire de Mara et les changements qui en découlent. En fait, Colette Bazinet ne fait que démontrer, par le tissu romanesque, une grande vérité : faire face à l’autre, confronter l’altérité, qu’elle soit intrinsèque ou (dans ce cas-ci) extrinsèque, opère une mutation et pour l’autre et pour soi.

Outre le soutien de proches et la compagnie d’Érika, qui réveille en elle son désir lesbien, latent, enfoui et nié par des années de vie dans une communauté religieuse, Mara renoue avec elle-même notamment grâce à la… religion, justement. Ou plutôt devrais-je dire : la foi. Une foi profonde, juste, ancrée dans un sentiment intéressé et vrai. Une foi lucide, qui évite les pièges du fanatisme, qui questionne, décloisonne les idées reçues et les savoirs ataviques, comme la condamnation systématique (et ô combien efficace) de l’homosexualité par l’Église catholique. C’est à une relecture de la place des « queers », des tapettes et des gouines, si vous préférez, dans l’Église que nous convie l’auteure.

D’ailleurs, l’intertexte biblique, axé sur l’histoire de Ra’ab, hôtelière à Jéricho, est central dans le roman. L’histoire de cette femme forte s’entrecroise avec celle de Rahab et de Mara à un point tel que les deux récits se répondent, se confondent, ne forment plus qu’un. Ce faisant, Colette Bazinet exhibe aussi de l’oubli tout un ensemble de modèles féminins bibliques de courage, que l’on pense à Athalie, Deborah, Esther et Judith, qui, dans une société encore hautement patriarcale, ont été reléguées au second rang dans l’histoire officielle.

Enfin, je m’en voudrais de ne pas souligner l’importance du désir lesbien dans le roman. Si les gais ont été, jusqu’à récemment, invisibilisés dans l’histoire et la société, la situation a été encore plus tragique pour les lesbiennes, qui ont souvent été doublement marginalisés de par leur orientation sexuelle d’une part, de par leur sexe d’autre part. Faire entrer en dialogue lesbianisme, religion et quête de soi restitue, à mon sens, une part de l’histoire des lesbiennes dans le discours et contrecarre une « pensée straight », pour paraphraser Monique Wittig, qui gouverne notre société.

Comme l’auteure l’indique en liminaire à son livre, le mot « trabouler » origine de la fin du XIXe siècle et comporte deux racines signifiant « aller » et « à travers ». Cheminer à travers soi, à travers les identités, donc. Pour se retrouver. Enfin.
 

Source : Nicholas Giguère


Une convalescence qui laisse pour mort… ou presque


Lire Étienne Rousseau, c’est s’exposer à la question suivante : jusqu’où peut aller la poésie ? Plus précisément, jusqu’où doit-elle emmener le lecteur ? Avec son premier recueil, Chirurgies psychotiques, publié aux Éditions du Mécène, l’auteur avait tenu le pari de réunir en un seul volume tout ce contre quoi il s’insurgeait (la société pourrie, l’école comme lieu de reproduction d’un savoir désincarné, la religion mortifère, les trahisons, le conformisme édictés par l’ordre établi et moral) dans une poésie aux crocs acérés, dans des textes qui se veulent de multiples charges et attaques.

Convalescence, paru à la même enseigne un peu plus tôt cette année, prolonge ces thématiques tout en les dépassant. Dès les premières pages du recueil se profile un univers qui va au-delà du désespoir. Dans des poèmes, des aphorismes et des courts textes en prose qui, tels des cadavres de cochons écorchés vifs suspendus aux crochets d’un abattoir, sont plus que vulgaires, mais n’en sont pas moins vrais, Étienne Rousseau fustige tout ce qui, à son avis, gangrène son univers. Que ce soit les religions organisées, avec notamment un dessin représentant Jésus, muni d’une télécommande, qui affirme : « J’ai le contrôle !... Mais les piles sont faibles !... » (p. 18), ou, plus simplement, les multiples dispositifs de pouvoir, qui sont dénoncés pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des impostures, l’auteur n’épargne rien ni personne. En témoigne éloquemment cet extrait du poème « L’usine des anges » :

Dans le monde gris
Souillé par les cendres des ailes angéliques
Et le sperme des dragons à trois têtes mangeurs d’hommes
La fabrique de fœtus désaffectée
Est éclairée par la lune
Par la lune habitée
Par des milliards de fantômes

Nous sommes dans la grande finale
De l’ultime téléréalité
Nous ne sommes que des numéros
Nous sommes dans l’usine des anges
L’abattoir de l’antéchrist
Et les chiottes de Jésus le Christ (p. 46)
 

Les dessins à la fois naïfs et troublants, jumelés aux textes, font de Convalescence un recueil corrosif, où le lecteur risque d’y laisser des lambeaux de chair, des morceaux de lui-même.

L’apport de cette nouvelle contribution d’Étienne Rousseau réside en sa mise évidence d’une tension entre le rêve et la réalité, qui imprègne tout le recueil. Trop amère, trop décevante, la réalité doit nécessairement être évacuée au profit du rêve, vivier de tous les désirs. Mais Étienne Rousseau montre bien que l’époque des rêves douillets « à-la-Calinours » est belle et bien révolue. De tous nos rêves ne subsistent bien souvent que des débris, des cendres, un dépotoir qui constitue notre nouvel imaginaire (noir).

Désir d’un ailleurs pour essayer de donner un sens à sa vie, dérèglement des sens, comme le prônait Rimbaud, élargissement de la conscience jusqu’à plus rien : tout, en somme, pour sortir de soi.

Convalescence d’Étienne Rousseau : une poésie pour se retrouver en étant tout sauf soi.
 

Source : Nicholas Giguère


La Gaspésie au quotidien


Premier opus d’une série de plusieurs ouvrages à paraître, selon les dires de l’auteur, Petites histoires et nouvelles de Rodrigue Deraîche, publiées aux Éditions du Mécène, est un livre qui porte fort bien son titre : l’auteur nous présente en grande partie de brèves histoires, des esquisses, des portraits pris sur le vif, des croquis avec pour toile de fond sa Gaspésie natale : ainsi fusent une quantités impressionnante de villages, tels Rivière-au-Renard, Cloridorme, Pointe-à-la-Frégate et Sydenham, localité d’origine de l’auteur, faisant de Petites histoire et nouvelles une véritable cartographie de la Gaspésie telle qu’elle a été à une époque… et telle qu’elle demeure, en grande partie, aujourd’hui.

Dans la première partie, « Petites histoires », volontiers autobiographique, Rodrigue Deraîche relate les événements qui ont marqué son enfance et dresse un portrait des personnes, exceptionnelles dans tous les sens du terme, qu’il a côtoyées au cours de son enfance et de sa jeune vie adulte. L’auteur s’attache à dépeindre des scènes de la vie gaspésienne, comme la pêche à la baleine ou à l’anguille et le monde des marins, telles qu’il les a vécues, vues ou entendues par des sources émanant de son entourage. En fait, il procède à l’établissement, en quelque sorte, d’un arbre généalogique : les grands-pères, les oncles et les principaux membres de la famille de l’auteur font l’objet de courtes descriptions, de vignettes. C’est avec beaucoup d’amour, de tendresse et de sincérité que Deraîche nous parle de son grand-père Louis Roy, travailleur dans les chantiers, ou encore de son grand-père paternel Michel Deraîche, d’allure sévère, austère, mais ô combien sensible, dans le fond, et protecteur de son petit-fils. Les « petites histoires » du cousin Godefroy, décédé tragiquement, ou encore d’un accident de voiture, dont a été témoin l’auteur en jeune âge, apparaissent comme chargées d’émotions, de bouleversements, et attestent de la volonté de Deraîche de rendre un dernier hommage sincère et senti à « ses disparus », comme cela est mentionné sur la quatrième de couverture de Petites histoires et nouvelles.

Ceci dit, Deraîche profite aussi des structures et des possibilités du genre bref pour égratigner les « petites gens » de son coin de pays natal, leurs mesquineries, leurs bassesses, leurs travers, l’attitude hautaine des touristes, qui se pensent tout permis et croient avoir tout vu sur cette terre, les injustices. L’ironie grinçante, presque sauvage, mais jamais déplacée, de Deraîche, jumelée à un style qui reflète la bonhomie, le pittoresque, font en sorte que le livre est particulièrement vivant. Les anecdotes concernant la politique apparaissent comme des perles de satire mordante.

La deuxième section, intitulée « Nouvelles », s’inscrit en totale continuité avec la première : la narration des nouvelles est souvent homodiégétique (écrite au « je ») et les actions sont souvent localisées en Gaspésie. Sans aller jusqu’à dire qu’elles sont, comme les « petites histoires » de la première partie, autobiographiques, on sent, à leur lecture, que ces nouvelles sont puisées à même le vécu, ou du moins les sensations, réelles ou imaginées, de l’auteur, et elles ne font que gagner en authenticité.

Comme Rodrigue Deraîche le souligne dans sa préface, il y a deux histoires, principalement : celles des vainqueurs, des hauts faits d’armes transmis par les voies hiérarchiques et immuables de la connaissance, puis celles des vaincus, des laissés-pour-compte, des marginaux (femmes, Noirs, Amérindiens, gais, lesbiennes, bisexuels, transsexuels et transgenres, vieillards, etc.), des régions éloignées, etc. Nous croyons que l’auteur, en plus de nous faire découvrir sa Gaspésie natale, a voulu écrire de « petites histoires » - je dirais plutôt une Histoire – à savoir la sienne, celle des membres de sa famille, de ses contemporains, de son coin de pays. Et c’est tout à fait réussi.
 

Source : Nicholas Giguère


Nature, quand tu nous tiens…


Patches In & Out Two Centuries est une première aux Éditions du Mécène : c’est, jusqu’à maintenant, l’unique publication en anglais parue à cette enseigne. Espérons pour nous comme pour l’éditeur que ce ne sera pas la dernière, car le recueil de poèmes d’Aldyth Irvine-Harrison, originaire de la Jamaïque et résidant maintenant à Montréal, est fort heureux.

Divisé en six sections, « See », « Listen », « Touch », « Feel », « Think » et « React », Patches In & Out Two Centuries rappelle l’importance des cinq sens dans l’inspiration du poète, mais aussi la nécessité de (re)penser le rapport de l’humain à la nature et la façon (adéquate) de réagir face à elle. En fait, la nature – s’il est possible de l’exprimer en ces termes – est un élément structurant dans le recueil. Elle est récurrente, omniprésente, que ce soit dans les thèmes, les motifs, la forme même accordée au poème. Les champs lexicaux et sémantiques constitués autour de ce thème rendent bien compte de cet état de fait. Une lecture rapide du recueil nous a permis de déceler un champ lexical animal : en effet, l’oie, le canard, le morse, la dinde, la tortue, la moufette, le renard, la libellule, la fourmi, l’escargot, les moustiques, le chat, le chien et les oiseaux de toutes sortes figurent parmi les quelques figures animalières convoquées dans le recueil. Cet examen partiel ne tient pas compte des champs lexicaux végétal et aquatique qui, à eux seuls, exigeraient une autre analyse.

Deux tendances se manifestent dans les poèmes de l’auteure et contribuent à l’économie du recueil. D’une part, des poèmes font clairement l’apologie de la nature, d’une vie au sein de la nature, avec ce que cela suppose de comparaisons, de métaphores et de personnifications, et critiquent acerbement la ville, lieu chaotique s’il en est. Par exemple, le poème « World Montreal » (p. 45) dépeint la métropole comme un capharnaüm morne et terne où il est impossible de se retrouver. Face à des descriptions de lieux urbains anonymes et désincarnés, Aldyth Irvine-Harrison oppose des images réconfortantes de la nature. L’auteure tient à nous rappeler que le rapport à la nature se vit dans la quotidienneté et les choses qui, aussi innocentes et simples soient-elles, sont les plus riches. En témoigne le beau poème « Play » :

At a placid pool
children transform clear
glass blue into
foaming colours with
high musical tunes (p. 20)
 

D’autre part, la poète, en plus de faire confronter la nature et la civilisation, prend des allures de gardienne de la nature. Dans deux poèmes qui se retrouvent à la fin de recueil, « Garden » et « Te Bit of Hope », le ton est plus engagé : hymnes à la beauté de la nature et du monde, pour paraphraser Luc Plamondon, ces poèmes sont tout autant des réquisitoires pour la sauvegarde de la nature et la protection de l’environnement, menacée par l’insouciance des humains et le réchauffement planétaire. Ces poèmes, nettement plus longs que les autres, sont les pièces maîtresses du livre. Dans le même ton, mais abordant une thématique différente, le poème « Wish » se veut un plaidoyer en faveur de la paix dans le monde et une façon, comme une autre, de faire en sorte que guerres et génocides disparaissent.

Poésie en vers libre, mais qui ne dédaigne pas la rime, les assonances et les dissonances, Patches In & Out Two Centuries est un recueil avant tout elliptique, dans lequel abondent les structures nominales. Les poèmes se présentent non pas comme une avalanche de vers qui assomment, mais plutôt comme de multiples propositions poétiques qui s’accumulent, lentement, dressant un portrait tout en nuances de la nature si chère à l’auteure. Les vers, modernes, brisés (l’usage des tirets est important), adoptent un rythme syncopés, mais demeurent simples. Et c’est peut-être là l’un des plus grands mérites d’Aldyth Irvine-Harrison : rappeler que la simplicité ne concorde pas toujours avec la poésie, mais que le poétique, en revanche, est toujours simple.
 

Source : Nicholas Giguère


Un auteur pour la jeunesse récidive


Déjà auteur de deux courts récits destinés à la jeunesse, Rodéric Chabot récidive aux Éditions du Mécène avec Les péripéties de Roc Ringuette : un héros en devenir. La troisième aventure de la série, intitulée « La solution G », est à nouveau centrée sur les aventures du trio que certains lecteurs, petits et grands, connaissent probablement déjà : Roc Ringuette, le fort et valeureux héros vêtu de son pyjama qui émet des vibrations au moindre signe de danger, l’intelligent et perspicace Garagole Mitross, qui confronte sans cesse Roc Ringuette pour attirer l’attention de la téméraire mais non moins rationnelle Cassou Cassé.

Après l’affrontement avec Pic De Glace, présenté dans le tome précédent, Roc Ringuette, Garagole Mitross et Cassou Cassé s’affairent maintenant à reconstruire la forteresse, lieu magique à souhait, sise en plein milieu de la forêt avoisinant le village de Saint-Raide. Toutefois, des événements étranges surviennent et bouleversent la vie des héros : où est Sienna, leur soi-disant amie qui leur a causé bien des ennuis ? Se pourrait-il que Pic de Glace, l’ennemi juré du trio, soit maintenant cette saugrenue corneille arborant une moustache noire ? Pourquoi les parents de Roc Ringuette et de Cassou Cassé se mettent-ils subitement à agir bizarrement et répètent-ils à outrance une certaine phrase pour le moins énigmatique ? Que signifient les acronymes R.A.I.D.E., qui n’est pas sans rappeler le nom du village, et R.H.I.C.E. ? Et surtout, qui est Énigme ?

Ce sont autant de questions que soulèvent « La solution G ». Cette aventure met en scène de nouveaux opposants, qui tenteront à tout prix de faire échouer les héros dans leur quête : la malicieuse Sphéni Godichon et Chico Mehico, l’oncle de Sienna aux desseins machiavéliques et diaboliques. D’autres personnages, présentés comme menaçants dans la première série d’aventures, deviennent de véritables adjuvants pour Roc, Garagole et Cassou : Madame Georgette, par exemple, se révèle comme une alliée précieuse aux pouvoirs considérables. La « Sorciaire [sic] Telcasto », a priori une vieillarde inoffensive, est une femme forte, aux pouvoirs indomptés et indomptables. Enfin, Zolton, le père de Garagole, occupe un rôle plus significatif dans ce récit, plus spécifiquement vers la fin.

Nécessairement, une confrontation a lieu entre les héros ainsi que Sphéni Godichon et Chico Mehico, mais qui sortira vainqueur de cet affrontement ?

Ce deuxième livre de Rodéric Chabot est publié en format tête-bêche, comme le premier tome. Le volume 3 1⁄2, ainsi dénommé par l’auteur, est intitulé « L’épisode Cassou Cassé » et s’inscrit en continuité avec « La solution G » : l’épisode est axé sur la protagoniste de Cassou Cassé, qui doit maintenant faire cavalière seule…

Amusantes, divertissantes, à la fois légères dans leur présentation, leur narration, et complexes dans leur sens, ces aventures de Roc Ringuette sauront, encore une fois, plaire à un lectorat élargi. L’auteur a eu la délicatesse (et la brillante idée) d’inclure un lexique des termes espagnols, émanant du personnage de Chico Mehico, contenus dans les aventures. La récurrence des adresses directes au lecteur permet aussi de s’identifier plus facilement aux personnages ou encore aux propos de l’auteur. En somme, ce sont de brefs textes que nous donne à lire Rodéric Chabot, mais ils sont significatifs.
 

Source : Nicholas Giguère
 

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