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En tant qu’auteur, contribuer à sa propre promotion

Écrit par 26 mai 2015

Billet de Véronique Marcotte, écrivaine et formatrice invitée dans le cadre de la formation « La promotion de l’auteur » qui aura lieu le 6 juin prochain.

Faire son autopromotion

Si l’on en croit Albert Camus, « tout écrivain écrit pour être lu : ceux qui disent le contraire, admirons-les, mais ne les croyons pas ». Prenant pour acquis que la littérature n’est possible que si le lien se crée entre l’écrivain et son public, que l’œuvre littéraire n’a de finalité que dans sa réception, l’auteur devrait avoir comme objectif de s’intégrer à la communauté afin de contribuer à sa propre promotion et à la promotion de son œuvre.

Ainsi, il est révolu le temps où l’écrivain créait seul sans jamais sortir sur la place publique pour partager sa démarche artistique. Aujourd’hui, que ce soit virtuellement ou concrètement, l’artiste est en partie responsable de sa visibilité à l’intérieur de son lectorat ainsi que de sa longévité artistique. La promotion de l’auteur, mise en perspective avec la réalité de l’édition et de la publication au Québec, les nouvelles technologies ainsi les nombreuses plateformes offertes, amène à poser un second regard sur les possibilités de diffusion de son œuvre.

Dans une province où il se vend environ 800 000 livres par année, se tailler une place parmi l’offre ne semble pas, a priori, une mince affaire. Cela dit, il faut relativiser et considérer que ce chiffre comprend tous genres confondus, et qu’un pourcentage important des livres déposés sur les tablettes provient d’ailleurs. Malgré tout et quoique l’on peut en dire, le livre au Québec se porte bien et même s’il est difficile de vivre de sa plume, il est possible de se démarquer.

Voici quelques points qui vous aideront à vous fixer les objectifs de votre propre promotion ainsi que de celle de votre œuvre.

1. S’impliquer pour développer son réseau

Plusieurs regroupements ou organismes littéraires, tels que les associations régionales d’écrivains ou l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ), peuvent vous permettre de faire des rencontres importantes pour votre carrière. De nombreuses activités comme des tables rondes, des 5 à 7, des programmes de parrainage ou des activités devant public vous amèneront à diversifier votre réseau de contacts et à vous faire connaître. Devenez membre de l’une ou plusieurs de ces organismes, ou taillez-vous une place sur le conseil d’administration, impliquez-vous dans l’organisation de certaines activités offertes et faites circuler votre nom. Non seulement vous développerez votre lectorat, mais vous pourriez aussi vous voir offrir des collaborations à des projets littéraires qui pourraient vous amener ailleurs dans votre carrière.

2. Développer une communauté virtuelle pour s’incarner dans le réel

Qui est votre lecteur ? Quel âge a-t-il ? Déterminez le profil de votre lecteur vous permettra de cibler la tribune idéale pour faire la promotion de votre œuvre. Que ce soit par le biais de l’infolettre, des réseaux sociaux ou d’un site web, laisser une trace dans le virtuel est devenu incontournable dans l’idée de faire la promotion de son travail.

3. Se créer de l’emploi : les produits dérivés de notre création comme éléments de promotion.

Soyez novateur et diversifiez votre offre. Au-delà de l’écriture, qu’êtes-vous en mesure de faire ? Organiser des ateliers d’écriture, donner des conférences, investir les écoles, créer des soirées littéraires ou multidisciplinaires ou des cercles de lecture amènera le lecteur à rencontrer votre travail. Si vous n’avez pas l’âme d’un organisateur, transmettez vos idées à ceux et celles qui vous aideraient à concrétiser ces projets et faites rayonner votre œuvre à travers ces événements. Faites une liste de vos qualifications et laissez aller votre imagination.

4. Organiser son rayonnement pour bien s’entourer.

Souvent, nous ne soupçonnons pas ce que peut faire notre entourage pour contribuer à la promotion de notre travail. Ces personnes peuvent diffuser notre nom, faire rayonner nos créations, nous inviter à des manifestations publiques, partager avec leurs propres réseaux nos plateformes virtuelles et même donner des conseils qui influenceront notre manière de voir la promotion de notre œuvre. Souvent à l’extérieur de notre domaine, ces gens on le recul nécessaire pour être de bons conseils. N’hésitez pas à contacter ces personnes : vous  n’êtes pas en train de « quémander » quelque chose, vous organisez votre rayonnement.

5. Sortir pour rencontrer !

Participez aux événements littéraires de votre région : Salons du livre, soirées de lecture, café-causerie, etc. et allez au-devant des personnes que vous ne connaissez pas. Présentez-vous brièvement, soyez souriants et ouverts. Être présents au bon endroit et au bon moment est souvent la meilleure méthode de se faire connaître.

Loin de penser que l’écrivain contemporain doit nécessairement se transformer en bête médiatique, il ne faut pas non plus s’enfermer dans une tour d’ivoire et attendre que notre éditeur fasse en entier le travail de promotion. Par divers types d’interventions et selon votre tempérament, vous pouvez, si vous le désirez et bien mieux que d’autres, donner une valeur et une signification accrues.

Pour s’inscrire à la formation La promotion de l’auteur

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Véronique Marcotte mène la double vie d’écrivaine et de metteure en scène depuis 1999. Son roman Tout m’accuse (Québec-Amérique, 2008) a été mis en nomination au Prix des Libraires du Québec en 2009, en plus d’avoir été sélectionnée, en 2001, par la revue l’Actualité comme faisait partie des « 35 nouvelles voix qui secouent le roman québécois ». En plus d’assumer la direction artistique de différents spectacles d’envergure, elle donne des ateliers d’écriture en milieu marginal, ainsi que diverses formations et du coaching à travers le Québec. Elle travaille également avec les jeunes de la rue afin de développer leur confiance en eux par le biais de l’art.