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Yzabel Beaubien

LA bonne attitude en 10 points

Écrit par 28 février 2017

Billet rédigé par Yzabel Beaubien, formatrice au Conseil de la culture d’un atelier sur l’entrepreneuriat culturel, qui aura lieu le 14 mars prochain à Lévis. Pour plus de détails sur l’activité de perfectionnement, cliquez ici.

Une compétence primordiale pour évoluer adéquatement dans l’industrie culturelle est L’ATTITUDE qu’on affiche. Et remarquez que le « L » est lui aussi en majuscule, non pas parce qu’il n’y a qu’une seule attitude possible, mais parce qu’il faut assurément avoir LA bonne attitude. Qu’elle nous soit naturellement octroyée, acquise par observation ou à force d’essais-erreurs, on se rend compte que l’attitude vaut souvent bien plus que ce qu’on a pu apprendre à l’école ou ailleurs. À talents égaux, elle surpasse en importance la compétence artistique.

Si vous êtes un travailleur culturel, parlons de la pertinence d’être diplômé si vous vous cherchez un emploi dans le domaine. La majorité du temps, la personne référée au bon moment et par le bon intermédiaire aura certainement plus de chance de décrocher le poste que celle qui est diplômée et uniquement compétente sur papier. De plus, si la personne référée présente la bonne attitude, l’affaire est dans le sac! Est-ce que cette façon de faire donne de meilleurs résultats? Cela demeure une histoire de cas par cas. Faire affaires dans cette industrie est si risqué et ses paramètres sont si changeants qu’on n’y réussi que si on est non seulement passionné mais également débrouillard, travaillant et surtout persévérant. Les qualités humaines sont plus souvent valorisées, au détriment des formations strictement académiques. Puisque les heures de travail sont variables et abondantes et que les profits sont difficiles à prévoir, on a envie de s’entourer de gens avec qui « ça clique ». Ainsi, l’artiste-producteur qui cherchera à approcher des partenaires potentiels au sein de ces entreprises pourra se rappeler qu’il a affaire à des gens qui sont là d’abord par passion.

Voici la bonne attitude en 10 points :

  1. SOURIANT: Bien sûr, rien de plus déplaisant qu’un air bête. Le manque de sourire est souvent lié à l’arrogance; il faut donc idéalement approcher les gens de façon avenante.
  1. COMMUNICATIONS RAPIDES ET PROFESSIONNELLES:  Si vous retournez vos appels et courriels rapidement, souvent et de manière professionnelle, cela vous distinguera positivement de plusieurs de vos « compétiteurs ».
  1. PAS LA GROSSE TÊTE : Autrement dit, même si vous avez réussi à atteindre certains objectifs qui vous placent en position de tête, inutile de vous enfler l’égo; rien n’est acquis et cela peut être une position très temporaire.
  1. PAS GROUPIE: Idéalement, il faut garder la tête froide et rester objectif lorsqu’on brasse des affaires, même si ces dernières se passent dans un contexte qui nous passionne et qui nous met en contact avec des « vedettes ». On peut admirer et respecter, certes, mais vous ne rendrez service ni à l’artiste avec qui vous travailler ni à vous-même si vous agissez en groupie avec lui et en laissant votre fanatisme dicter vos agissements professionnels.
  1. UTILISER SON JUGEMENT: Facile à dire et même évident, sauf quand on ne le fait pas et qu’on s’aperçoit trop tard qu’on a dit ou fait quelque chose que l’on n’aurait pas dû. Si l’on possède une personnalité impulsive et expressive, il faut faire d’autant plus attention.
  1. DÉSIR D’APPRENDRE: L’ouverture d’esprit, la curiosité (bien placée!) et l’intérêt d’en connaître toujours plus sont assurément des caractéristiques qui permettent d’avancer dans tout cheminement, qu’il soit professionnel, artistique ou autre. Vous serez d’accord que quelqu’un qu’on qualifie de « ti-joe-connaissant » ne s’attire généralement pas beaucoup de relations en général.
  1. FONCER : En faisant attention de ne rien « défoncer ». Les rêves et l’ambition constituent la motivation théorique de bien des artistes et entrepreneurs culturels en devenir. Cependant, plusieurs entreprises en démarrage ne vont pas loin dans leur développement car leur(s) initiateur(s) ne trouvent pas la motivation active nécessaire ni la persévérance une fois constaté à quel point lancer son entreprise et l’amener à rentabilité n’est ni facile ni rapide.
  1. ÉCOUTER PLUS QUE PARLER : Point important et directement en lien avec le point 6. Porter attention et intérêt à l’autre, sans interrompre importunément. C’est une bonne manière d’en apprendre sur notre interlocuteur, sur son entreprise ou autre et pouvoir ainsi saisir des occasions et trouver les bons arguments pour lui présenter ensuite notre projet.
  1. QUOI DIRE, À QUI ET QUAND : Ce point se divise en deux manières de l’appliquer : utiliser son jugement OU profiter d’une opportunité. JUGEMENT : comme dit le vieil adage : « tourne ta langue sept fois dans ta bouche avant de parler ». Autrement dit, ne vous placez pas (ou quelqu’un d’autre) dans l’embarras en disant la mauvaise chose, à la mauvaise personne au mauvais moment. De plus, on le fait souvent pour une mauvaise raison; dans le but de se valoriser au détriment de quelqu’un ou d’une situation. OPPORTUNITÉ : n’hésitez pas ou ne soyez pas trop gêné pour aller vous présenter à quelqu’un et discuter avec lui de votre projet. Il est beaucoup plus facile de reprendre contact avec cette personne une fois qu’on lui a serré la main et qu’on a discuté avec elle de vive voix.
  1. DISCRÉTION : Il est parfois tentant de se venter lorsqu’on est dans le « secret des Dieux » (accès à un nouvel album en pré production, témoin d’une situation de fin de soirée en arrière-scène qui constituerait une anecdote savoureuse, etc.) Les artistes, producteurs et autres collègues avec qui on collabore comptent sur votre discrétion. Ceux qui potinent ou transmettent des informations confidentielles sans permission ne travaillent pas longtemps dans ce milieu.

 

Donc, il faut posséder ou développer la meilleure attitude possible pour évoluer et durer en culture. Par contre, il faut aussi acquérir des connaissances et des compétences. Le faire de manière autodidacte peut inclure des heures de stages au sein d’entreprises culturelles ou auprès de professionnels aguerris.

Bref, il faut être le meilleur soi-même possible, rien de moins! 😉

Yzabel BeauBien, Présidente de J’Imagine Consultants et auteure de Quand le Show devient Business