Poésie en gros de Denis Samson ©

Mauvais œil

Derrière les mots de variété

des alliances se créent

pour l’achat et la vente

des populations.

L’avenir nous appartient

le savon est compris.

(Dans le karma canadien).


Ligne ouverte

«Des clôtures d’itinérants

pour protéger la beauté du monde normal.

Pourquoi pas?»


Pour le même prix

Les faux amants font la une

du cocooning extrême

intérêt quotidien

pendant qu’on cherche des survivants

sous les décombres

de l’indifférence.

Une relation de cause à oubli.


Lundi

La répression couche avec la fille des nouvelles

on ne peut éteindre les feux de viande

l’argent injecté pour rêver

est le ketchup du sommeil

les musées deviennent des prisons

les prisons d’un peuple sont faites

de désirs cicatrisés

sur l’invisible de la lumière

cette solitude enracinée loin du ciel

les majorettes n’ont plus de familles

les fenêtres pleurent

du sable dans les souliers du cœur

Une tasse ébréchée

on dit zen

un puzzle

avec un morceau en trop

«la répartition des richesses d’accord

mais pas à n’importe quel prix»

Le soleil a creusé la terre

La nuit sera pleine de munitions.



Organes de crise


des détonations de silence

des idées la bouche pleine

des médicaments ordonnent

de se taire

il y a des yeux qui s’accumulent

dans les pharmacies réfrigérées

le long des rues chez elles nulle part.

Tout ce qui plie de soif ce qui a faim

attend.

Aux étals de panique

les doigts se cassent sur des chignons de nerfs

la première cigarette a un goût

d’aile brûlée

les pilules grossissent

des cœurs ressuscités nous sortent de partout.

Les idées sont toujours les effets

de plusieurs causes.


Tremblements

au large des soleils

ligotés aux mâts rompus

de nos attentes

au front sculpté durement

aux mains des séismes profonds

enfouis longtemps

des migrations d’âmes

qui laissent leurs empreintes

sur les objets de l’Éternité