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Villes et financement de la culture – Une mise au point s’impose

Écrit par 19 octobre 2017

La question du rôle d’une ville dans le soutien et les investissements en arts et en culture a été abondamment soulevée dans les derniers jours de la campagne électorale municipale à Québec. Sans adopter une quelconque position partisane, il est tout de même important d’apporter un éclairage sur cet enjeu.

En premier lieu, il faut rappeler que l’impact économique de l’activité culturelle dans une ville moderne, et dans toute collectivité d’ailleurs, a été largement démontré par nombres d’études dont celle réalisée par le Conseil de la culture, en collaboration avec l’Institut québécois de la statistique, et celles d’organisations comme Hill Strategies Reasearch ou le Conference Board, lequel est reconnu pour camper des positions plutôt conservatrices. Ceux et celles qui remettent en question ces résultats ou qui les omettent dans leurs analyses se confortent dans leurs croyances et leurs opinions plutôt que de s’en remettre aux faits vérifiables, une attitude plutôt inquiétante pour quiconque souhaite accéder à une charge publique.

Il faut aussi garder à l’esprit l’impact évident d’une activité culturelle riche et diversifiée sur la qualité de vie des citoyens et sur le pouvoir d’attraction d’une ville auprès d’une main-d’œuvre spécialisée et fortement scolarisée telle que celle dont nous avons manifestement besoin. En outre, et c’est là la fonction première des fonds publics dévolus à la culture, ils permettent aux citoyens d’en consommer à un coût relativement accessible.

En second lieu, il faut redire que partout dans le monde occidental, tous les paliers de gouvernement participent financièrement tant aux projets d’immobilisations culturelles qu’au soutien direct aux artistes et aux organismes culturels. Au Québec et au Canada, rares sont les projets de construction, d’acquisition ou de rénovation d’équipements culturels qui se sont réalisés sans participation financière municipale. Cela vaut pour Québec, mais aussi pour Montréal, Ottawa, Toronto, Winnipeg et plusieurs municipalités de plus petite taille qui parfois assument seules ces investissements.

Dernièrement, on s’est plus directement attaqué au projet Le Diamant. Il faut savoir que la participation prévue de la compagnie Ex Machina (une corporation sans but lucratif, rappelons-le), de l’ordre de 7 millions de dollars, soit 13 % du total du projet, est beaucoup plus élevée que ce qu’on a l’habitude de voir en la matière. Remise par Ex Machina, cette somme est issue d’une

campagne de financement privée. En ce sens, le travail et l’engagement de la compagnie et de l’équipe de Robert Lepage sont absolument exemplaires.

Ce projet, tout comme la nouvelle bibliothèque Gabrielle-Roy, pourra être qualifié de « bâtiment signature » dont l’impact sur la participation citoyenne et l’appropriation des arts et de la culture ont fait leurs preuves, le Pavillon Pierre Lassonde constituant un bel exemple de succès à Québec.

Marc Gourdeau, président Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches