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Lettre ouverte publiée dans Le Soleil – La gestion de l’église de Sainte-Brigitte-de-Laval: un exemple à ne pas suivre

Québec, le 25 août 2025 – Le résultat du débat entourant la gestion de l’église de Sainte-Brigitte-de-Laval dont nous avons été témoins cet été, n’est rien de moins qu’un dérapage. Jusqu’en avril dernier, tous les éléments étaient pourtant réunis pour favoriser un développement culturel spectaculaire dans cette municipalité: des personnes engagées, un travail rigoureux et continu, des partenariats, des lieux professionnels, des moyens financiers et des élu.e.s ouvert.e.s à la collaboration.

Il était permis de croire que Sainte-Brigitte, forte d’une subvention de 742 400 $ pour convertir son église en espace culturel professionnel et animée par le travail de l’organisme Diffusion culturelle SBDL, deviendrait le lieu de nombreuses manifestations culturelles au bénéfice de sa population et de ses commerces. Après tout, l’organisme local est à l’origine du succès du Festival à Deux têtes et détenait une entente de gestion en bonne et due forme.

Mais le conseil municipal a renversé la situation en résiliant cette entente et en choisissant de confier la gestion de son église à un tiers, qui ne possède aucune expertise en développement culturel. Le conseil privilégie ainsi un modèle basé majoritairement sur la location corporative, supposée lui rapporter une très hypothétique redevance.

Ce faisant, il sacrifie les retombées que le travail d’un diffuseur professionnel apporte: une programmation artistique structurée et diversifiée, la médiation culturelle avec les milieux scolaire et communautaire, la professionnalisation des artistes des environs, ainsi que la réalisation de projets à long terme, stimulant des investissements publics et privés qui ruissellent localement. Le conseil boude aussi les potentielles collaborations avec d’autres salles de spectacles ou festivals, le maillage entre organismes de loisir et artistes professionnel.le.s, les résidences d’artistes, le soutien à la relève artistique ainsi que tant d’autres aspects positifs générés par l’animation d’un lieu culturel.

Encore une fois, des décisionnaires doutent de l’importance des retombées de la culture. Celles-ci ne se mesurent pas seulement en termes de coûts et de bénéfices, mais aussi par l’attractivité de la région, le sentiment d’appartenance ainsi que l’engagement et le bien-être de la population. Plusieurs études et enquêtes statistiques le démontrent – et les modèles d’organismes culturels locaux soutenus par leur municipalité sont nombreux – partout à travers le Québec.

La culture comme thème des élections municipales

La situation à Sainte-Brigitte pose un enjeu de fond: dans tous les coins de nos régions, les municipalités doivent avoir un engagement ferme en matière de développement culturel. Elles doivent prioriser l’utilisation optimale de leurs lieux patrimoniaux et culturels par des organismes en phase avec leur milieu, qu’elles doivent appuyer et soutenir. Plutôt que d’opposer rentabilité et vitalité culturelle, il est essentiel qu’elles conjuguent les deux au bénéfice de leur population.

Nous invitons donc les élu.e.s, de même que les candidat.e.s aux prochaines élections, à miser sur l’ouverture et la collaboration avec les actrices et acteurs culturels locaux. Nous encourageons aussi les citoyen.ne.s à rencontrer leurs représentant.e.s, d’aujourd’hui et de demain, pour leur faire valoir l’importance que revêtent les arts, la culture et le patrimoine dans leur milieu de vie. Il en va du sérieux avec lequel seront abordés les enjeux culturels au palier municipal.

Cassandre Lambert-Pellerin, présidente de Culture Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches


Pour toute demande médias

Merci de communiquer directement avec Christian Robitaille au christian.robitaille@culture-quebec.qc.ca ou au 418 523-1333, poste 222.

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